Le Iaido
Technique
Le sabre se porte et se tient de la même façon
que l'on soit droitier ou gaucher.
La main droite et la main gauche ont chacune un
rôle particulier qui n'est pas directement lié au
fait que soit la main dominante ou non.
Il existe d'ailleurs des sabreurs
gauchers : par exemple Saito Hajime.
La coupe en iai est perçue comme rapide car le
peu de force apparente que nécessite le retrait du
sabre tout au long de la saya ( ou fourreau )
augmente la vitesse.
L'iaidō ne nécessite pas ou peu de force, si ce
n'est celle nécessaire au maintien du sabre, car la
longueur du katana ou shinken (lame d'environ 75 cm)
ajoutée à la longueur d'un bras font que l'extrémité
de la lame se déplace très vite et c'est cette
extrémité (le dernier 1/3) qui sert à trancher.
Or le katana pèse entre 1 et 1,5 kilogramme et se
déplace à grande vitesse, il faut donc le maintenir
assez fermement pour que l'inertie ne le fasse pas
partir.
La main exerce une prise au-dessus du sabre ( le
pratiquant est toujours derrière son sabre, seul
rempart contre une attaque), les doigts servant au
"déroulé" et au maintien; un samuraï ayant failli,
se coupait l'auriculaire droit en expiation et
l'offrait à son daimyo ou shogun, il lui devenait
donc extrêmement difficile de se battre, ce doigt
étant extrêmement important pour saisir un objet (en
l'occurrence la poignée du sabre, cependant cela est
valable pour tout manche d'outil).
L'entrainement se fait avec un iaito ou un bokken
afin de pas abîmer son katana ou son shinken; on
utilise une saya d'entrainement si l'on possède un
katana.
Le wakizashi était l'arme de prédilection des
adeptes de la position de l’iai.
Le wakizashi est un sabre court manié d'une seule
main, les samouraïs ne pouvaient garder le katana à
l'intérieur d'une maison car trop long pour se
battre efficacement.
Le keikogi du iaidōka est composé d'un gi en
coton, d'un hakama, d'un obi (d'une largeur de 13 à
14 cm); on peut porter des tabi.
Description
Le terme iaidō
(居合道,
iaidō?)
est composé de trois kanjis signifiant
approximativement:
• vivre, exister
• l'harmonie, l'union
• la voie
Iaidō peut donc se traduire par « la voie
de la vie en harmonie », ou « exister en union avec
la voie ». Le préfixe « i » peut aussi être
interprété par le chiffre 1, l'unité : La voie de
l'unité de l'individu, en lui-même pour être « bien
dans sa peau » et avec les autres : adversaire pour
le vaincre, société pour la servir. En fait, son
integrité Bio-psycho-sociale.
L'essentiel de la pratique de l’iaidō
consiste en l'apprentissage et l’exécution de kata,
séquences de mouvements précis, s'exécutant la
plupart du temps seul et correspondant à un
scénario. Certaines écoles proposent des séries de
kata à deux. Ces formes constituent autant de
supports à l'enseignement et permettent la
transmission de l'ensemble des techniques d'une
école.
Les katas se composent à la base des quatre mêmes
étapes :
• dégainé et première coupe (nukitsuke
ou nukiuchi)
• coupe principale (kiri oroshi)
• nettoyage de la lame (chiburi)
• rangement de la lame dans le fourreau (notō)
On distingue aussi une partie importante propre à
de nombreux kata : Furikabuto, l’action de
« brandir le sabre ».
De nombreuses variantes, coupes, frappes d’estoc,
frappes avec la poignée du sabre, sont ajoutés dans
certains kata. Les kata démarrent soit debout (tachi
iai), soit à genoux au sol (seiza), soit
dans une position avec un seul genou au sol (tate
hiza).
Ces kata doivent être « habités » par le
pratiquant, et induisent des notions fondamentales
propres à tous les budō :
• Zanshin : la vigilance active. Le
ressenti, la perception de l'environnement.
• Seme : la menace, construction de
l'attitude exprimant la capacité de réaction
instantanée.
• Metsuke : le regard global, non
focalisé, perception visuelle large.
L’entraînement au iaidō peut se qualifier
de pratique individuelle - collective.
Individuelle, car sans partenaire direct,
hormis dans la situation virtuelle du kata.
Intellectuellement, c'est principalement un travail
approfondi sur la concentration. Physiquement, sous
des aspects souvent calmes, l'entraînement - surtout
pour les départs en seiza (à genoux) ou
tate hiza (un genou au sol, assis sur le talon
de la même jambe) - fait intervenir des muscles
puissant des jambes - fessiers, adducteurs, psoas
iliaque, jumeaux, isquiaux-jambiers, gourmands en
énergie, ainsi que toute la ceinture abdominale, à
partir de positions en flexion maximum, fourni un
effort propre à l'endurance et la puissance
(force-vitesse). Cette pratique bien menée ne
provoque aucun traumatisme, et peut se poursuivre
sans problème jusqu'à un âge avancé, avec toutefois
une réserve pour les genoux. On note en effet que
certaines écoles exigent le port de protections type
genouillères, lors de la pratique des kata
notamment.
Collective, car l'exercice d'apprentissage
demande un rythme spécifique pour chaque niveau
d'étude et pour chaque école. Ce rythme, ce
déploiement collectif d'énergie, appelé Ki awase,
porte le pratiquant, bien au-delà du stade où
il aurait arrêté s'il était seul. De plus,
l'exercice consistant à suivre exactement le rythme
du professeur ou d'un élève avancé, fait partie de
l'étude dans l'objectif de la mise en harmonie
instantanée indispensable lors d'un duel (i -
unité, ai - harmonie).